Cavalier : Yu Takeo
Dans les montagnes enneigées et vierges, le danger peut surgir à tout moment et en tout lieu. Contrairement aux stations de ski, la sécurité n'est pas assurée par l'homme ; en hors-piste, il faut donc anticiper et éviter les dangers soi-même, et se débrouiller seul en cas de situation périlleuse. Un guide professionnel a partagé des connaissances essentielles sur les dangers du hors-piste et les moyens de les éviter
Risques liés à l'arrière-pays dont vous devez être conscient
Quels sont les dangers (risques) possibles lors de la pratique du ski hors-piste ? De manière générale, ils peuvent être classés comme suit : 1) dangers liés aux conditions météorologiques, 2) dangers liés aux conditions géographiques, 3) blessures ou maladies, et 4) problèmes liés au matériel
1.météo

Whiteout
En montagne, le temps peut changer brusquement, provoquant un épais brouillard ou une tempête de neige qui recouvre tout d'un voile blanc, bloquant toute visibilité et créant un brouillard épais. L'impossibilité de distinguer la direction, la pente ou les irrégularités du terrain ou de la neige entraîne la désorientation de nombreuses personnes, et dans des conditions extrêmes, cela peut même s'avérer catastrophique. Lors d'un brouillard blanc, le sens de l'orientation est altéré et l'on perd son chemin. Si la neige recouvre tout jusqu'aux pieds, on perd l'équilibre et l'on peut même avoir le vertige
Si vous sentez qu'un brouillard givrant se profile, il est important de consulter une carte et de suivre votre position en permanence. En cas de doute, le plus sûr est de rester sur place et d'attendre que la visibilité s'améliore. De plus, même s'il est supposé que vous savez lire une carte, il est facile de faire demi-tour avec un GPS (ou une application pour smartphone). Ainsi, savoir lire une carte et avoir un GPS sur soi vous aidera à éviter les risques
Blizzards et vents violents
La mauvaise visibilité est un problème, mais le plus grand risque est l'hypothermie. Le vent diminue la température ressentie, ce qui donne une sensation de froid bien supérieure à la température réelle. Si votre température corporelle interne descend en dessous de 35 °C, les fonctions normales de votre organisme commencent à être perturbées et, en cas d'hypothermie sévère, vous risquez de mourir de froid
Il est nécessaire de se préparer aux blizzards et aux vents violents en portant des vêtements adaptés à la montagne enneigée. En cas de prévisions météorologiques défavorables, il est possible de réduire les risques en descendant à une altitude plus basse et en choisissant une zone moins venteuse, comme une forêt
pluie
Le temps en montagne est souvent changeant, surtout au printemps, et il peut pleuvoir. Le principal risque lié à la pluie est que le froid entraîne une perte de chaleur corporelle, pouvant mener à l'hypothermie. Être mouillé peut provoquer une chute importante de la température corporelle. Une veste imperméable est donc indispensable. Si de la pluie est annoncée, il est conseillé de ne pas se rendre en montagne
Sous la neige ou la pluie, la température corporelle baisse lorsque l'extérieur des vêtements est mouillé. En pleine nature, l'intérieur des vêtements est souvent humide à cause de la transpiration pendant la randonnée. Si l'on porte une sous-couche peu respirante, la transpiration peut se refroidir sous l'effet du vent et d'autres facteurs, ce qui peut entraîner une hypothermie. Le système multicouche est donc essentiel pour éviter ce risque
2.conditions géographiques

avalanche
En pleine nature, le plus important est de se méfier des avalanches. Si vous êtes pris dans une avalanche, vous risquez l'asphyxie ou d'être emporté par le courant et de percuter un arbre ou un rocher, ce qui pourrait vous être fatal
Il est également possible qu'une avalanche que vous avez provoquée puisse blesser quelqu'un. De nombreux accidents d'avalanche sont dus à des erreurs humaines. Les principales causes sont l'engagement imprudent sur une pente malgré des conditions de neige instables, le déclenchement d'une avalanche alors que d'autres personnes se trouvent en contrebas, ou encore l'ascension d'une zone avalancheuse. Cependant, il est impossible de prédire avec certitude le risque d'avalanche. En effet, il est très difficile d'évaluer les changements de la neige et l'état de la pente

Par conséquent, en règle générale, il faut d'abord se familiariser avec le terrain où les avalanches sont susceptibles de se produire et avec les zones qu'elles ne peuvent atteindre, même en cas d'avalanche. Il existe trois types d'avalanches : la zone de déclenchement (la zone source), la zone de propagation (la zone d'écoulement) et la zone d'accumulation (la zone de stagnation). La règle générale est d'éviter ces zones. En principe, tout endroit situé même légèrement en altitude est sûr
Pour éviter les avalanches, la chose la plus importante à faire est avant tout de toujours être conscient de sa position et du terrain, et d'agir en conséquence. Cela inclut le choix de son itinéraire à la montée, la détermination des points de repos et des points de regroupement après s'être éloigné du groupe à ski.
En groupe, skiez toujours une personne à la fois. Lors des pauses, choisissez un endroit hors de la ligne de pente. Même si une avalanche se produit plus haut, arrêtez-vous à un endroit où elle ne vous atteindra pas. Gardez également un œil sur les autres skieurs, même pendant l'attente. En cas d'avalanche, il sera plus facile de vous repérer approximativement. Lors de la montée et de la traversée de zones dangereuses, le principe est de progresser une personne à la fois. Il est essentiel de toujours créer une situation où, en cas d'avalanche, une seule personne au maximum sera touchée.
Si vous n'êtes pas sûr de votre capacité à évaluer le terrain, il est important de profiter d'une excursion guidée en pleine nature et de vous faire accompagner par une personne possédant une expérience considérable
Se perdre
Se perdre peut avoir des conséquences désastreuses ; il faut donc l’éviter à tout prix. Contrairement à la montagne en été, il n’y a généralement pas de balisage sur le sentier. Vous êtes libre d’aller où vous voulez, mais si vous perdez votre chemin, la descente peut s’avérer difficile. Il est important de mémoriser l’itinéraire à l’avance et d’utiliser une carte et une boussole ou un GPS pendant votre excursion pour ne pas vous égarer. Il est essentiel de toujours connaître son itinéraire et, au moindre doute, de retourner à un point où vous pouvez déterminer votre position avec certitude

3.Blessure ou maladie
glisser vers le bas
Il existe deux principaux types de chutes :
① les chutes de falaises ou d’autres endroits présentant des dénivelés importants
, et ② les glissades sur neige gelée ou neige printanière granuleuse. S’il
est important de consulter les cartes au préalable pour repérer les grandes falaises, il existe d’innombrables marches et crevasses qui n’y figurent même pas. Idéalement, il faudrait reconnaître son itinéraire avant de skier, mais ce n’est pas toujours possible. Sur les pentes au terrain accidenté, comme les buttes, abordez la descente à une vitesse qui vous permette de vous arrêter à tout moment, afin de pouvoir freiner avant de tomber. De plus, s’arrêter à un endroit d’où l’on peut facilement rejoindre la piste est le meilleur moyen d’éviter les chutes.
2. Lorsqu'il faut descendre une pente glacée où les carres n'accrochent pas, les snowboarders doivent utiliser la carre avant et, s'ils ont un piolet, s'en servir efficacement pour descendre. En effet, la carre arrière offre une adhérence moindre et augmente le risque de chute.
Les skieurs doivent descendre lentement en utilisant des dérapages latéraux ou des descentes en diagonale, en ajustant la pression sur la carre intérieure du ski extérieur et la carre extérieure du ski intérieur. Selon le lieu, essayez d'effectuer des virages en poussée pour modifier votre posture pendant la descente.
Les chutes sur neige granuleuse surviennent souvent lors de la montée à pied ou lorsque la neige est interrompue pendant le ski de printemps, et que vous chaussez ou déchaussez vos skis sur la piste. Pour éviter cela, chaussez vos crampons tôt ou soyez attentif à l'endroit où vous chaussez ou déchaussez vos skis. Si vous bénéficiez d'un champ de vision plus large que sur les pistes damées et que vous skiez avec un peu plus de prudence, il sera plus facile d'éviter les accidents.

Blessures et fractures dues aux chutes et aux collisions avec des arbres ou des rochers
Ces blessures surviennent le plus souvent lors de chutes à ski ou en randonnée, ou en cas d'avalanche. Les collisions avec des arbres ou des blocs de neige, dues à une difficulté d'adaptation aux changements de conditions d'enneigement, sont également possibles. Le port du casque est indispensable en hors-piste.
En cas de blessure et de saignement, il faut stopper l'hémorragie. Pour les fractures et les entorses, la procédure dépend de la situation, mais le principe de base est d'immobiliser la blessure avec les moyens du bord. Il est essentiel d'avoir toujours une trousse de premiers secours et de maîtriser les gestes de premiers secours. Si vous êtes blessé au point d'être incapable de bouger, ou en cas de risque de blessure grave à la tête ou aux cervicales, ne tentez pas de bouger et appelez les secours par hélicoptère. Une assurance montagne est indispensable pour ce type d'urgence.
gelure
En pleine nature, les engelures surviennent souvent sur les zones de peau exposées, comme les joues, le nez, le bout des doigts et les orteils.
En montée, on peut ne ressentir qu'une légère sensation de froid, mais les zones exposées le sont au vent et à la neige. De plus, les engelures peuvent se développer sans qu'on s'en rende compte ; il est donc important de limiter l'exposition de la peau.
Par temps froid ou venteux, protégez votre peau, bougez vos doigts et buvez des boissons chaudes pour prévenir les engelures. En cas d'engelure, les premiers secours consistent à ne pas réchauffer la zone touchée trop rapidement ; réchauffez-la plutôt avec de l'eau tiède ou la chaleur de votre corps, et poursuivez le traitement sans interruption.
4.Problème d'outil

La planche a été emportée par les eaux, enfouie et est introuvable
Perdre ses skis est un problème courant chez les skieurs. Dans la neige poudreuse, les skis peuvent facilement glisser et être difficiles à retrouver. Si vous ne les retrouvez pas, il est conseillé de planifier votre descente. En
snowboard, si une personne du groupe possède des raquettes, la marche est possible, mais sans raquettes, se déplacer à pied est difficile. Il faudra alors soit fabriquer des raquettes de fortune à l'aide de cadres de pelle et de bâtons, soit tasser la neige avant la descente. Le port d'une longe est une mesure préventive, mais présente aussi des inconvénients en cas d'avalanche, ce qui complique la situation. Augmenter la valeur de déclenchement des fixations peut également être une mesure préventive, mais accroît le risque de blessure en cas de chute.
Mes lunettes de protection se sont embuées et je n'ai pas pu les utiliser
Il est fréquent d'être frustré par la buée sur les lunettes de ski en montagne, qui obscurcit la vue sur les pistes et les itinéraires. Ce phénomène est dû à la différence de température entre l'intérieur des lunettes et l'air extérieur. L'air à l'intérieur des lunettes est réchauffé par la chaleur corporelle, tandis que l'air extérieur est froid, ce qui provoque de la condensation sur les verres. Une vision trouble signifie que vous repérez moins bien les irrégularités du terrain, augmentant ainsi le risque de chutes et d'autres accidents.
Une solution consiste à porter des lunettes de soleil pendant la randonnée et à ne mettre vos lunettes de ski qu'à la fin de votre descente. Il est conseillé d'emporter un verre de rechange pour le hors-piste. De nouveaux modèles sont équipés de verres magnétiques, ce qui facilite leur remplacement en cas de buée. De nombreux modèles haut de gamme possèdent également un traitement antibuée sur les verres, les rendant moins sujets à la buée et offrant de meilleures performances. En dernier recours, vous pouvez toujours descendre à ski lentement avec des lunettes de soleil ; évitez donc de tenter la descente avec des lunettes de ski embuées.
Les gants se mouillent et provoquent des engelures
Lorsque votre peau est mouillée, elle perd de la chaleur corporelle. Emportez des gants de rechange lors de vos excursions en pleine nature et changez-les dès qu'ils sont mouillés. En règle générale, les gants en cuir véritable sont les plus adaptés, car ils sont extrêmement imperméables. Nous recommandons des gants en cuir véritable qui restent secs pour éviter les engelures. Souples et confortables, ils s'adaptent à vos mains à l'usage et, bien entretenus, ils dureront très longtemps
La reliure s'est cassée
Si vos fixations cassent gravement en montagne, vous ne pourrez pas skier, ce qui peut s'avérer très problématique. Pour ceux qui utilisent des peaux de phoque, même des dégâts mineurs peuvent rendre la marche difficile. Pour éviter cela, vérifiez d'abord que les vis sont bien serrées et que les fixations ne présentent pas de signes d'usure.
Si vos fixations cassent en montagne, vous pouvez souvent effectuer des réparations provisoires avec des colliers de serrage, du ruban adhésif ou du fil de fer ; emportez donc ces articles avec vous. Effectuez les réparations provisoires et redescendez par un itinéraire sûr, sans prendre de risques inutiles.

❖ La personne qui m'a enseigné

Bantei ~Queue de bambou~
Guide en chef représentant :
Yuu Takeo
Snowboardeur professionnel avec 20 ans d'expérience comme guide, basé à Hakuba. Il a su gagner la confiance de nombreux skieurs et snowboardeurs grâce à son professionnalisme et à la précision de ses guidages. Outre son activité de guide, il s'investit également dans la promotion de la sécurité en hors-piste, la formation de vérificateurs de DVA et le conseil auprès des stations de ski.
<Qualifications>
Guide de ski et de snowboard certifié niveau II par la Japan Mountain Guide Association (
) Guide de montagne certifié niveau II par
Guide de montagne de Shinshu
aux premiers secours en milieu sauvage (WFA)
Secouriste de la Croix-Rouge japonaise
❖ COLONNES
Vérificateur de balises développé par Yu Takeo

Les avalanches représentent un risque majeur en hors-piste. Les DVA (détecteurs de victimes d'avalanche) sont un équipement essentiel pour les secours en cas d'avalanche. Lors d'une randonnée en groupe, une vérification collective est effectuée au départ du sentier afin de s'assurer du bon fonctionnement des DVA. Cependant, cette vérification peut s'avérer impossible lors d'une randonnée en solitaire, en raison d'une erreur humaine ou tout simplement par négligence. Un
vérificateur de DVA permet de prévenir ces problèmes. En passant devant cet appareil, vous pouvez instantanément vérifier si le DVA est allumé ou éteint. Ce dispositif affiche automatiquement un cercle (○) ou une croix (✖) sur un écran électronique.

À l'origine, bca avait commercialisé un vérificateur de balises, mais les modèles classiques nécessitaient une source d'alimentation en montagne, ce qui rendait leur installation difficile dans des endroits où ils seraient réellement efficaces. Pour résoudre ce problème, le siège social de bca aux États-Unis et K2 SKI, qui distribue la marque au Japon, ont collaboré au développement d'un vérificateur de balises autonome fonctionnant à l'énergie solaire. Ce dispositif a été mis au point par le guide de hors-piste Yu Takeo
« Nous avons développé ce système suite à des cas d'avalanches où des personnes ont oublié d'activer leur détecteur de victimes d'avalanche (DVA). Notre objectif était de prévenir ces accidents et de sensibiliser les personnes qui s'aventurent en montagne sans prendre les précautions nécessaires. Nous avons commencé à l'utiliser dans les secteurs de Hakuba et Myoko dès la saison 2020-2021, et il a fonctionné sans problème tout au long de la saison. Nous espérons étendre progressivement son déploiement. Notre but est de réduire, même légèrement, le nombre d'avalanches ! C'est pourquoi nous encourageons les stations de ski à l'adopter. »

Les risques sont nombreux en pleine nature, mais des améliorations sont apportées pour renforcer la sécurité. Prenez conscience de ces risques et profitez de la montagne en toute sécurité

